Les lectures publiques

À l’occasion de la sortie du livre Jeux d’écriture en février 2013, le Théâtre Les Tanneurs a organisé une journée de réflexion sur la médiation culturelle. Pour commencer cette journée, les auteur·rice·s ont présenté une lecture d’extraits du livre. C’était la première lecture publique pour les participant·e·s aux ateliers du home des Ursulines et de l’Institut Pacheco. La préparation de cette lecture s’est déroulée avec l’aide de Jean Delval, éditeur de Jeux d’écriture et l’un des créateurs du Théâtre des Rues, une compagnie de Théâtre-Action installée à Cuesmes.

Suite à cette première présentation publique, les deux groupes ont été invités à se réunir lors de la Fête des Saltimbanques organisée par le Centre Culturel Bruegel. C’est ainsi qu’en septembre 2013, 2014 et 2015, des lectures de textes réalisés dans les ateliers ont été programmées sur la place de la Chapelle.

Lectures à la Fête des Saltimbanques

La manière de procéder consistait à choisir parmi les textes écrits l’année précédente ceux qui donnaient du plaisir à lire et à écouter. Les explorations variant au fil du temps, le contenu des lectures publiques suivait ce fil : au départ des textes basés sur des associations de mots, puis sont apparues aussi des histoires inventées, la création de personnages, des dialogues…

Une fois les textes choisis, ils étaient répartis selon les envies de chacun·e, les auteur·rice·s pouvant ainsi entendre leurs mots lus d’une façon nouvelle. Un même texte pouvait être partagé entre plusieurs lecteur·trice·s, un rôle masculin pouvait être pris en charge par une participante, les combinaisons possibles et les manières de s’en amuser étaient inépuisables.

En 2014, outre la présentation publique, certains extraits ont été lus à la radio F.R.A.C., une radio créée spécialement pour la Fête des Saltimbanques. Lors de la participation à la Fête en septembre 2015, des personnes du public ont été invitées à s’asseoir parmi les lecteur·trice·s, à participer oralement aux jeux d’associations de mots et donc à vivre activement l’état d’esprit de l’atelier.

1) Nicole
Quand je suis parti sur Mars il y avait une plage. L’eau était bleue alors les gens nageaient. J’ai vu un homme bizarre avec deux petits garçons au bord de l’eau qui avait des grandes oreilles pointues et seulement un œil, alors je n’ai plus nagé. J’avais peur.

2) Valérie
Le couteau avec lequel j’ai coupé la laitue dans mon jardin populaire je venais de le sortir du dos d’un assistant social dont j’avais marre de suivre les bons conseils qui m’ont mené dans une situation de désespoir enfermé à perpète dans une soi-disant maison de repos où on se lève à 7 heures le matin et avec une bonne douche froide pour se réchauffer après.

3) René
Les enfants qui se promènent dans les vallées des Andes et reviennent en Ardenne où mon père et ma mère se sont attablés à une terrasse et regardent passer le train qui transporte des girafes qui viennent d’être capturées pour les remettre au zoo où elles passeront le restant de leurs jours.

4) Serge
Quelle prison dorée ton amour déchirant de toiles d’araignées sournoises à chaque insinuation de la profondeur du gouffre dans lequel tu me tends à venir pas à pas l’étau se renferme sur mes gonds. Je ne puis sortir de cette fougue fougue fougue fougueux comme un lion en cage, cage, cage destiné à pourrir à l’ombre de tes sentiments assoiffés de preuves concrètes de loyauté ultime. Estime de soi servant à induire le doute dans l’autre. Ce feu dévorant de l’intérieur consume les braises de ma respiration entrechoquée de glotte calcinée. Sidérée par ta gloire des cimes, cimes, cimes culminante de tes rêves idéalisés à deux ou trois fois moins grave que la narine du rhinocéros.

5) Nicole, Valérie, René, Karine
Le bateau coule au milieu de la grisaille perdu en mer perdu dans la brume le capitaine regarde alentour cherchant des yeux une île où sont-ils ?
une île paradisiaque au sable fin d’où se détachent les cocotiers où sont-ils ? une île rocailleuse de la mer du nord d’où s’envolent des oiseaux mythologiques
le bateau coule et les hommes sont glacés par l’eau tourbe de leur cauchemar.


Le bonhomme en galère ho-hisse
il rame dans le tourbillon d’alcool
tente de maintenir la sûreté de ses pas sur le globe terrestre
il attrape son réverbère son poteau son ami
le temps de remettre l’horizon à sa place
le temps de se mettre en condition d’attaquer
l’action méticuleuse de piétiner
la pesanteur de la terre et la pesanteur de sa saoulerie.
Il abandonne l’ami et se jette dans le vide…

Les bruits se sont éteints dans sa tête, une dimension sensuelle qui se perd mais qui l’emmène sur d’autres mutismes
les silencieux ont désormais une voix dans son imaginaire car depuis qu’il est sourd le monde sous-marin est devenu une cacophonie imprévisible.

Le hasard de la rencontre, le hasard chaotique de la soi-disant destinée, et la mauvaise pioche ? et le changer d’avis ? ou encore mieux la certitude de partir dans la bonne direction le cœur et le corps tendus de promesse.

6) René
Aux Jeux Olympiques à Sotchi auxquels je participais en tant qu’athlète libre avec ma luge arborant le pavillon belge je finissais ex-qualifié vu que j’avais quitté le circuit pour en finir dans le décor en blessant quelques spectateurs dans la même occasion. Disqualifié et déshonoré en même temps il ne me restait qu’à rentrer à Pachéco parmi les autres ratés de la société.

7) Nicole
L’arithmétique n’a jamais été mon dada, faute de quoi je débourse plus que je ne peux, ce qui me fait des saisies de tout genre comme sur mon salaire, ma pension et autre revenu malhonnête comme voleur, souteneur ou pasteur.

8) Serge
Priez pour nous Jésus Marie pauvres pêcheurs de marécages embourbés de boue brumeuse dont l’âme atrophiée de ses ailes s’est enlisée jusqu’au genou agenouillés dans la marre à crapaud baveux de sorcellerie vaudouiste pour atteindre les cieux. Une ouverture s’est faufilée dans la crevasse de mon âme centenaire ensommeillée par une ombre voyageuse dans le temps crépusculaire de la digue clopinant clopant avec ma canne je cherche aveuglément la lumière. Une vieille entame son dernier voyage un joint de morphine au bec. La lassitude qui marque ses rides de parcourir toujours le même chemin dont la mort est délivrance. Espoir d’être accueillie dans les bras de Jésus comme de sa mère à la naissance, amour inconditionnel effaçant notre condition humaine. Chemin de croix sur le parcours des années bissextiles toujours assis entre deux chaises du bien et du mal acquis. Ginette se remémorait sa vie de jeune fille pendant la guerre, années de jeunesses perdues dans les combles de la tristesse et du chagrin.

9) Valérie
Le soir tombant rapidement je m’allonge sur ma pierre tombale pour essayer de dormir un peu en espérant rouvrir les yeux demain sur un nouveau paysage transformé où les blocs de pierres seraient devenus arbres centenaires chargés d’histoires abracadabrantes de génies ou mauvais génies malfaisants et destructeurs.
Mais non me revoilà sur ma pierre collée à la glu, impossible de la quitter ne fut-ce que pour parcourir quelques mètres pour visiter l’environnement pollué par les habitants précédents qui ont finalement fait sauter la planète à force de jouer avec la science et la sorcellerie.
Merlin pourrait en raconter de belles et Morgane de moins belles. Mais moi je suis vissée ici dans cet espace clos à voir se lever et se coucher le soleil encore et encore jusqu’à la fin des temps.

10) René
L’avion qui a atterri à l’aéroport de Bruxelles en venant de Rome où le temps est bien plus gris et pluvieux nous semble tenir le bord du lac.

11) Serge
Robert Vanderbec était président du CPAS de Charleroi. Au bureau, il se grattait toujours la tête alors le patron lui a dit d’aller voir un docteur, ce qu’il a fait. Le docteur lui a dit qu’il avait des poux.

12) Karine
Le crayon avec lequel je venais de faire ma déclaration d’impôt je l’ai volé au bureau de poste central en coupant la tige qui le tenait avec mon sécateur, aussi volé dans le temps où je faisais les vendanges aux Pyrénées orientales.

13) Jean-Jacques
Chasse à cour du roi Léon de paganie, cour dorée où l’on dore ses cuissardes a l’angle aigu de la frivolité sournoise. Dictionnaire d’en temps, expression cataplasmique de rébus inversés à la tourelle rigotournante d’une conque échouée sur la plage enneigée de ma conscience butinée par l’aigle mourant des ardoises arrosées de brume. N’y a t il pas dans le coin un sage singe singeant les expressions communes à tout un chacun ? Chaque porte menant à un continuum d’escaliers grimpant dans tous les sens du terme terminé en en en ribambelle de mots sifflés à l’oreille de mon triste acteur ardent baissant son chapeau en révérence à une damoiselle toute émoustillée d’émotions passagères.

14) Valérie
Le vélo arrivé par hasard dans l’espace nuageux du Palais des Sports de Créteil s’était gouré de sortie d’autoroute et pensait croiser une randonnée d’alpinistes hollandais au sommet de la tour Eiffel. Au lieu de cela, il fut pris dans un blizzard exceptionnel comme on n’en avait plus vu depuis des décennies et c’est dans un anneau de lumière artificielle qu’il alla se poser au milieu des spectateurs ébahis. Ils attendaient une finale de Coupe de monde de football et se ruèrent aux guichets pour se faire rembourser leur ticket. L’art n’est plus ce qu’il était.

15) Karine
Un clown ayant perdu son travail au Cirque du Soleil se présente en cherchant du boulot au Forem où on lui conseille de se présenter à Pachéco où il ne fera pas mauvaise figure puisqu’il n’y a que ça dans cet établissement. La direction l’a toutefois refusé craignant toute concurrence.

16) Jean-Jacques
J’ai rencontré mon cousin habillé d’une tenue complète pour monter dans la fusée pour aller sur la lune bâtir une villa et un potager pour ses vieux jours et pour y trouver ses copains pour jouer à la pétanque et boire un bon verre ensemble. La vie est meilleure que sur Terre.

17) Nicole, Karine
En voyant cette femme, j’ai pensé à ma cousine qui était très grande et regardait souvent par la fenêtre. On lui disait souvent : « Toi, tout t’intéresse, ne fut-ce qu’un chien avec un chapeau ». « Oui, mais pas n’importe quel chapeau. »

18) Serge
La petite case au milieu du village était tranquille, le jeune aventurier se repose dans la chaleur d’une fin d’après-midi. Il fixe le plafond de paille et compte ses respirations.
Il inspire en hésitant si la paix a gagné, il expire et se demande si l’angoisse le gagne.
Les sons aux alentours, les voix, les pas, les animaux le posent sur le point précis de son être là, quand le point d’équilibre est fragile et que le cœur veut aller ailleurs que la raison qui se traine dans la brume ignoble des pensées plates flasques sans questions toniques ou ironiques oniriques ou mathématiques acrobatie de la pensée de l’aventurier qui tente de recueillir un peu de temps au sein de son demi-sommeil étouffé de chaleur au milieu du village qui l’entoure dans sa solitude.
Il ne manque plus qu’à interroger les sages pour deviner quel est le chemin qui a besoin de lui.

19) Valérie
Une sorcière ne pouvant plus se permettre d’acheter un nouveau balai s’adressait au CPAS de Bruxelles afin d’obtenir son SMIC. Celui-ci lui était refusé avec comme motivation qu’on devait déjà sauver Fortis, Ageas, Krediet-Bank et d’autres pauvres démunies.

Serge et Maria

Libraire – Salut Emile, comment vas-tu ?

Emile – Bof, ça peut aller, je ne suis pas content.

Libraire – Que t’arrive-t-il mon petit ?

Emile – Mes parents vont partir en vacances à Hawaï et moi je ne peux pas les accompagner.

Libraire – C’est pour cela que tu achètes toutes les friandises se mon magasin ?

Emile – Bien sûr, rien que pour les ennuyer !

Libraire – Ils partent quand ?

Emile – Je vais les conduire vendredi à l’aéroport.

Libraire – Quoi ?? Toi tu dois les conduire ?? Mais tu n’as pas de permis de conduire, tu es trop jeune !

Emile – C’est pas grave, je les emmènerai sur mon tricycle et je mettrai leurs bagages sur le dos de mon chien.

Libraire – Ça, c’est vraiment une aventure !

Emile – Bon débarras !

JJ et Alain

Paul – Ne t’énerve pas !

Pierre – Mais non, je suis calme !

Paul – Tu me parles comme ça ?

Pierre – Parce que ta réaction, pardon !

Paul – Mais ma réaction, c’est comme ça que je la veux !

Pierre – T’as un sale caractère !

Paul – Moi, j’ai un sale caractère ?

Pierre – Oui, t’as un sale caractère !

Paul – Alors, j’ai hérité ça de mon père.

Pierre – C’était le même !

Paul – Non, c’était pas le même, il était tout différent de moi !

Pierre – C’était un homme très doux et mieux élevé que toi.

Paul – Ça c’est possible mais je ne suis pas énervé à ce point. Je tiens encore ma réflexion.

Pierre – Eh bien mon vieux, on ne le dirait pas !

Paul – On ne le dirait pas ? Je ne suis pas calme, moi ?

Pierre – On va en finir, c’est toujours la même chose. Tu dois avoir raison.

Paul – Ah, je suis content que tu me le dises. Je savais bien que j’avais raison. Mais je ne t’en veux pas pour ça.

Pierre – Tu sais quoi ? Merde !

Nicole
L’interrupteur de mise au repos de la salle des machines à laver les nuages dans le ciel bleu azur azur azur azuré azuré urée raie manta flottant dans les eaux tropicales autour du capricorne en tournant dans le sens de l’honneur des gars de la Légion étrangement perdue dans les dédales du labyrinthe d’Icare Icare carrément fondu dans la tête à force de frôler le soleil de minuit minuit et quart peut être j’ai perdu ma montre du doigt.

Pascale
Farfadet allume la lumière de la casserole qui plane au-dessus des chants des sirènes.  Les chants des sirènes agaçaient les fonctionnaires de la Lufthansa qui écoutaient les nouvelles des baleines d’Afrique qui prédisaient une tempête de confettis sur l’Alaska.  En Alaska les fourmis portent des Cotons-Tiges dans les oreilles et glissent sur la paille.  Ruinées elles n’ont plus rien dans les poches de cristal que du vin d’église.

Karine
Le vendeur dans le magasin de journaux souriait à chaque fois qu’un client entrait dans la boutique. Il tournait avec joie la petite cuillère dans la tasse de café et souriait à tout va. Pourtant les nouvelles n’étaient pas de joie : la guerre au Nigéria, un accident d’avion avec plusieurs morts, 18300 chômeurs en plus cette année, pas de quoi rire ! Etait-il gagnant du Loto ? Ou était-ce dû à ce simple rayon de soleil qui entrait par la porte d’entrée ? Non, ce n’était rien de tout cela. C’était le nouveau dentier qu’il s’était payé. Avec un enthousiasme étonnant, il clamait « bonjour madame ! »  ou monsieur et souriait bêtement en montrant ses dents.

René
Le tireur, n’ayant pas encore fait sa victime journalière, en était fort déprimé. Afin d’y remédier, il s’adresse à Breivik pour lui demander conseil. Celui-ci lui conseillait d’en finir avec notre bien aimé ministre des pensions, le cher libéral Reynders. Le seul problème maintenant à résoudre : où trouver l’arme ?

Colette et Maria

Jardin botanique. Jean et Colette.

Colette – Mon Dieu, que c’est un beau jardin pour commencer notre conversation !

Jean – Est-ce que tu as quelque chose à m’annoncer ?

Colette – Oh, oui ! C’est très important !

Jean – Est-ce que c’est grave ?

Colette – Oui, parce que c’est pour te demander quand nous allons nous fiancer. Depuis le temps que ça dure… Tu ne m’en parles pas et aujourd’hui, dans ce beau jardin, c’est le moment.

Jean – Tu sais, j’ai encore besoin de temps.

Colette – C’est toujours la même chose que tu me réponds. Je commence à en avoir marre !

JJ
J’ai deux ans. Je suis dans mon bain. Ma mère range sa chambre située juste à côté de la salle de bain. J’ai froid, j’ai envie de sortir de l’eau. J’appelle ma mère. Pas de réponse. J’appelle à nouveau. Pas de signe de vie dans la pièce à côté. J’en ai marre. J’hurle. Silence complet. Alors je comprends qu’il n’y a plus personne dans la maison. Pour passer le temps, je vide dans l’eau tous les produits qui m’entourent. Shampoing, savon, après-shampoing et même la teinture pour cheveux blancs que ma mère compte utiliser l’après-midi avant d’aller au mariage de sa cousine. L’eau prend une drôle de couleur avec tous ces mélanges. C’est joli. Je m’amuse à nouveau. Je ne vois pas le temps passer. Je joue avec les récipients vides, je trace des dessins avec mes doigts au milieu de l’étendue colorée. Un cri me sort de ma rêverie. Ma mère hurle. Elle est toute rouge. Un peu la même couleur que les mélanges qui sont dans l’eau. Elle crie : « Qu’est-ce que tu as fait ? Mais qu’est-ce que tu as fait ? Regarde ta peau ! Elle est pleine de petits boutons ! » Elle me sort de l’eau en vitesse, me frictionne, m’amène à Saint-Pierre au service d’urgence en pédiatrie et rate le mariage de sa cousine pour une bête histoire d’allergie aux produits chimiques.

Karine et Alain

Au parc Scoubidou.

Karine – Monsieur, pourquoi avez-vous agressé mon chien, mon petit chiwawa ? Il est si fragile, un rien peut le tuer !

L’agresseur de chien – Madame, j’ai toujours eu horreur des chiens, surtout les petits ! Je ne sais m’expliquer le pourquoi de cela mais c’est ainsi !

Karine – Eh bien, monsieur, je sais vous renseigner l’adresse d’un excellent médecin psychiatre, un certain Brandt. Il pourrait vous psychanalyser et peut-être vous faire entrer à Pacheco au 51 car vous êtes, il me semble, bien malade de la tête.

Nicole
Le libraire du coin de la rue s’appelle Jean Rabelais. Il n’avait pas pour vocation de vendre des livres, il voulait être chirurgien, mais il a raté sa dernière année de médecine. De plus, il a des mains gigantesques fort peu habiles à faire des petits points dans un corps humain. Il se satisfait de vendre quelques livres sur sa journée. Mais aujourd’hui il y a eu trois gaillards revolvers aux poings qui ont voulu la caisse. Il a donné aimablement l’argent et s’est ensuite préparé un petit café bien serré, ce qui lui a redonné le sourire.

Pascale
Un nain sur une île déserte décide d’entreprendre un voyage vers la Guadeloupe où il va chercher un jardin pour pouvoir s’exhiber en short à paillettes qui lui venait de son grand-père qui l’avait hérité de Joséphine Baker.

Colette et Serge

Madame Chaudcul avait rencontré un bel homme, Joseph. Il était d’origine italienne. Elle entre en propos avec lui.

Madame Chaudcul – Monsieur Joseph, je suis contente de vous avoir rencontré. Vous êtes italien je crois et, ma foi, vous êtes un homme. J’espère que vous aimez bien les femmes.

Joseph – Il me semble que vous avez une certaine hantise, ou tout au moins un certaine crainte, que je n’aime pas les femmes.

Madame Chaudcul – Oui, monsieur Joseph. En fait, j’ai été dans un camp de nudistes homosexuels alors vous voyez ça d’ici : moi qui aime tant les hommes, j’étais laissée, pas la moindre aventure ! Ces gens sont très sectaires, ils s’aiment entre eux, un point c’est tout.

Joseph – Je vois, madame Chaudcul, que votre nom était prédestiné ! Vous êtes faite pour une vie amoureuse, tout dans votre nom déjà l’indique ! Si vous savez vous montrer digne et si vous êtes d’accord, je crois que nous pourrons faire affaire.

René
Je dois raconter une histoire qui m’est arrivée dans le jardin de mon grand-père. Il était aisé de courir dans un grand jardin mais pas facile de courir après un lapin qui se sauvait toujours quand il me voyait car j’avais l’habitude de lui tirer les oreilles. Jusqu’au jour où, vu la longueur de la lutte, parrain a dit c’est assez maintenant laisse le lapin tranquille et le lapin s’est retourné et a dit « J’aime bien ces bagarres ».

Présentation des ateliers au Théâtre Les Tanneurs

Ma collaboration avec le Théâtre Les Tanneurs a été continue de 2008 à 2017. Au départ, il s’agissait de proposer des ateliers en lien avec la programmation. Ensuite, ont été mis en place des ateliers autonomes (« Jeux d’écriture », « En train – Décrire ») qui s’adressaient à des groupes associatifs de tous âges et à des habitant·e·s ou des habitué·e·s du quartier des Marolles. C’était alors le Théâtre en tant qu’espace de création contemporaine qui se déplaçait, qui faisait le premier pas vers l’autre.

Ces ateliers étaient des invitations à partager de manière collective, concrète et ludique la création et ses enjeux. Comment élargir notre marge de liberté ? Quels sont les obstacles rencontrés ? Ils étaient des portes d’entrée pour prendre le droit de créer, explorer, s’aventurer loin des territoires connus. Au fil du temps, ces moments passés ensemble permettaient de tisser des relations, d’installer la confiance et d’encourager un groupe ou des personnes isolées à venir découvrir un spectacle, à s’inscrire à un projet participatif ou à une activité proposée par le Théâtre. Toutes ces différentes possibilités contribuaient chacune à leur façon à cultiver des liens qui pouvaient se poursuivre dans la durée.

Le samedi 28 novembre 2015, le Théâtre Les Tanneurs organisait une journée de présentation des ateliers. Ce fut l’occasion de réunir des participant·e·s de trois ateliers « Jeux d’écriture » : des pensionnaires du home des Ursulines et de l’Institut Pacheco ainsi que des enfants de l’association Habitat et Rénovation. Les ateliers avec les enfants incluaient des exercices d’improvisation théâtrale. La présentation du 28 novembre a donc allié l’improvisation, l’interaction avec le public et la lecture d’écrits choisis.

Les enfants ont ensuite présenté leur propre atelier le 2 décembre 2015 dans la grande salle du Théâtre Les Tanneurs à l’occasion de la Saint-Nicolas de l’association Habitat et Rénovation.